Les années douces

Jirô Taniguchi et Hiromi Kawakami

Editions Casterman / 2020 / 440 pages

Avec cette adaptation de la romancière Hiromi Kawakami, Jirô Taniguchi place pour la première fois la rencontre amoureuse au cœur de son œuvre.

La jeune trentenaire Tsutsiko vit une vie tranquille bien installée dans son quotidien, qui l’amène régulièrement à aller déguster un saké dans un troquet de son quartier, toujours accompagné de plats fins et traditionnels dont elle raffole.  

Un jour un homme plutôt âgé l’aborde. Elle reconnaît en cet inconnu le maître de ses jeunes années de lycée, le professeur Harutsuna Matsumoto. Celui qu’elle appellera toujours respectueusement le Maître. Peu à peu ils apprennent à se connaître autour de leur amour épicurien pour les délices de la cuisine japonaises qu’ils se font découvrir. Tacitement, avec douceur et respect, les rencontres fortuites deviennent des habitudes et le temps passe, renforçant leur complicité pour laisser place à une relation qui comble les aspects creux et les tourments de leurs vies solitaires. Mais les conventions et les non-dits ne permettent pas toujours à deux âmes sœurs de se rejoindre… 

Quand je suis seule, des souvenirs remontent à la surface de mon esprit… un peu comme ces bulles dans mon verre venaient former des cercles à la surface du liquide.

Taniguchi adapte ici le roman de Hiromi Kawakami qui a connu un immense succès au Japon et a déjà été adapté au cinéma et au théâtre. Il offre des formes et des visages aux personnages de l’histoire dont la sensibilité et la douceur n’auraient pas pu trouver meilleur interprète. Un entretien très intéressant et profond entre les deux auteurs clôt ce magnifique ouvrage.  

Jirô Taniguchi, qui débuta avec les bande dessinée, est un des mangakas les plus prolifiques et les plus appréciés en Europe pour ses multiples parutions de toutes sortes. Il a connu un immense succès avec certains de ses romans graphiques emblématiques comme Le journal de mon père ou Quartier lointain – une pépite – lauréat de nombreux prix littéraire et notamment le meilleur scénario à Angoulême en 2013.  

La silhouette du maître qui me précédait s’éloignait de plus en plus.
De façon incompréhensible, le dos du maître me semblait celui d’un étranger. Pourtant, nous étions partis ensemble pour ce voyage.

Note : 3.5 sur 5.

Laisser un commentaire

← Retour

Merci pour votre réponse. ✨


Articles similaires