Code 93

Olivier Norek

Editions Michel Lafon / 2014 / 360 pages

Chez Norek, pas de flic solitaire et alcoolique mais un homme blessé, certes, mais entouré d’une équipe solide et solidaire.

Le Figaro, mai 2013

Enfin. Je me suis ENFIN lancée dans le premier tome des aventures du capitaine Coste 10 ans après sa sortie. Il faut dire que cette trilogie – devenue depuis peu une quadrilogie – est un monument du polar français, et que je n’ai rien trouvé de mieux que me procurer la très belle édition collector de presque 1000 pages regroupant Code 93, Territoires et Surtensions, en plus de trois nouvelles « Ultra noires ». Bref, tout ça pour dire que je me suis lancée.  

J’ai donc découvert le célèbre Victor Coste, capitaine du groupe 1 du SDPJ de Seine-Saint-Denis, le fameux 93. Là où les statistiques liées à la criminalité cassent le plafond et où les flics ne s’aventurent pas sans une bonne raison. Son adjoint et ami Mathias Aubin est sur le point de quitter l’équipe pour un coin plus calme et c’est une nouvelle recrue féminine, Johanna, qui prend sa place. Elle rejoint Victor donc, mais aussi Sam, le petit génie en informatique qui ne supporte pas les scènes de crime, et Ronan, la grande gueule qu’il vaut mieux avoir à côté de soi qu’en face.  

Dans le XVIe, quand on gueule « police » tout le monde se paralyse, même ceux qui ne sont pas concernés. Quand on annonce « police » dans le 93, les racailles entendent « pool ! » et sortent les fusils.

On découvre un monde que Norek connaît mieux que quiconque car il a lui-même été à la place du capitaine Coste avant d’être écrivain et scénariste. Ce passé offre évidemment à tous ses livres ce petit plus qui les rend extrêmement crédibles et pointus. C’est donc avec un réalisme détonnant qu’on est invités dans la banlieue, entre les immeubles délabrés et les règlements de compte quotidiens, l’ultra violence banalisée, la drogue, les trafics…c’est le quotidien de la PJ du 93. Mais cette fois, Coste sent que les découvertes qui s’accumulent vont le conduire vers d’autres sphères et l’amener à prendre des chemins de traverse… 

Bilan de ce premier tome? Ultra positif. On sent bien sûr que c’est son premier roman et que son écriture s’est affinée avec les années, Malgré cela j’ai adoré l’univers de son 93, mais je n’en doutais pas après mes lectures de ses autres polars one-shot, et sa maîtrise du milieu est un régal. Les personnages sont tous attachants et charismatiques, on a très envie de les suivre dans leurs aventures… bien que je mette une petite réserve sur Coste que je trouve pour l’instant légèrement lisse et qui m’intrigue un peu… A voir la suite !  

Entre l’autopsie, les pompes funèbres, l’inhumation et l’incinération, un « sous x » coûte trois mille euros. Il faudrait en ajouter mille pour analyser leur ADN et faire une cartographie génétique afin d’établir des comparaisons avec les cas de disparitions. Notre administration ne semble pas prête à dépenser autant. Alors à cause de cette somme ridicule de mille euros, certaines familles cherchent le corps de leur enfant pendant des années alors qu’il est enterré à quelques kilomètres. Ces invisibles ne sont une priorité pour personne.

Note : 4 sur 5.

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