Nicolas Feuz

Editions Rosie & Wolfe / 2023 / 332 pages
Course contre la montre dans une Suisse pas si bucolique.
Le dix-septième polar de Nicolas Feuz. Et comme j’aime à le dire autour de moi, je trouve que son écriture se bonifie avec le temps. Comme le bon vin quoi. Et ce nouvel opus est l’occasion de vérifier cette théorie une nouvelle fois.
C’est à Genève que débute l’histoire, avant de nous balader dans les régions alentours au gré de l’enquête. Une enquête menée par Ana, inspectrice efficace mais mal en point, qui s’entoure du mieux qu’elle peut pour comprendre un mystérieux balais de colis postés aux quatre coins de la Suisse romande et de France voisine, affranchis avec des timbres pour le moins particuliers, sans parler du contenu, qui font très vite de l’expéditeur l’homme recherché par toutes les polices…
Et puis de quelle nature est le lien qui paraît exister entre le jeu de piste sordide de ce mystérieux « Philatéliste » comme le surnomme rapidement la presse, et le récit, 40 ans plus tôt, de ces jeunes qui harcèlent le souffre-douleur de leur école?
Pour les psychiatres, il existait seulement des personnes narcissiques d’un côté et des relations perverties de l’autre.
Par une maîtrise parfaite de l’intrigue, l’auteur nous emmène exactement là où il le souhaite. Il nous offre à la fois du suspense glaçant et des rebondissements à foison, tout en nous décrivant des personnages profondément humains, aux prises avec des fantômes douloureux. Les descriptions glauques (Mr Feuz vous flirtez parfois avec la limite du supportable!), les atmosphères angoissantes et le rythme imposé par des chapitres assez courts ne nous laissent pas le choix que de vouloir absolument tourner toutes les pages jusqu’à se prendre dénouement en pleine tronche. C’est dit.
Entre one shots et affaires menées par ses personnages récurrents (dont les apparitions font toujours plaisir), c’est donc confirmé. La plume de notre procureur neuchâtelois s’aiguise de livre en livre et nous promet encore de beaux moments de tension dans ses prochains polars !
Les gens n’acceptent plus la fatalité. Derrière toute catastrophe, il faut trouver un coupable.
