La Chasse

Gabriel Bergmoser

Editions Sonatine / 2021 / 256 pages

Nulle part où fuir, nulle part où se cacher…

Un huis clos à ciel ouvert. C’est ce que nous propose le jeune auteur Gabriel Bergmoser dans son premier roman aux relents de survival hollywoodien, nous faisant prendre un aller simple direction le sauvage bush australien.  

Franck, qui tient une station service au milieu de nulle part, se voit confier sa petite fille qu’il connaît trop peu pour les vacances. Le passé chargé du vieil homme pose rapidement le caractère du personnage, sorte de vétéran retiré du monde et aussi aride que le désert qu’il habite. Son quotidien, rythmé par le passage des rares clients, bascule en quelques minutes quand une jeune fille arrive en trombe devant la station et s’écroule, en sang. Tentant de la soigner, Franck et les quelques clients présents se rendent vite compte qu’elle tentait d’échapper à un groupe de tarés armés jusqu’aux dents. 

Qui est cette Maggie qui semble échappée d’une chasse à l’homme ? Comment survivre au siège auquel les occupants de la station se retrouvent forcés ? Qui sont ces hommes et ces femmes qui ne semblent connaître aucune pitié ?  

Ils veulent que j’aie peur. Ils savent comment les proies se comportent quand elles ont peur. Et eux, ils se nourrissent de cette peur. Ça leur donne l’impression d’être puissants. D’être des dieux. Je suis sûre que c’est plus addictif qu’une drogue.

Peu à peu on remonte le fil de l’histoire, découvrant les enjeux d’un monde sans merci… on plonge sans répit et à une vitesse folle dans l’horreur et la tension que l’auteur manie d’une main de maître (on devine évidemment le scénariste derrière l’auteur). Les hommes sont relégués à leurs instincts les plus primaires où seule la loi du plus fort fait foi.  

J’ai adoré les personnages – mention spéciale pour Maggie, une nana bulldozer comme je les kiffe – tout autant que ma plongée dans cette Australie étouffante et hostile qui donne l’impression de revenir aux prémisses de la survie. Là où la chasse n’est plus un loisir. Mais une nécessité.  

Gros coup de cœur pour ce premier roman haletant qui nous plonge dans un malaise puant la sueur et la crasse, absolument parfait pour une adaptation cinématographique à la Mad Max Fury Road. Un auteur qui nous dévoile un potentiel plus qu’alléchant !  

Pour tous les amateurs de poils qui se hérissent …

«  C’est une vieille blague. Tu prends tous les pires criminels du monde, tu les mets sur une île et tu les abandonnes pendant cent ans. Tu sais ce qu’ils vont te dire quand tu vas revenir ? »

Allie n’en avait aucune idée.

Maggie sourit. « Moi non plus, mais je te parie qu’ils auront l’accent australien.  »

Note : 4.5 sur 5.

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