Surface

Olivier Norek

Editions Pocket / 2020 / 400 pages

Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.

Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?

Mais voilà que soudain, les squelettes des enfants disparus vingt-cinq ans plus tôt, enfermés dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

Après avoir découvert Olivier Norek de manière foudroyante avec son Entre deux mondes, je me suis promis de tout lire de lui. J’ai enchaîné avec son dernier Impact et ai ensuite décidé de piocher son Surface avant de me plonger dans la trilogie du Capitaine Coste.  

Ce que j’aime avec les polars, ce qui fait leur âme, c’est la personnalité écorchée et profonde de leurs flics. C’est souvent ce qui fait – ou y participe grandement en tout cas – que la sauce va prendre en ce qui me concerne.  

Ici on a affaire à une jeune capitaine des stups de Paris, tout en haut de la vague, extrêmement douée, jolie et intrépide. L’intervention qui tourne mal. Le cauchemar. La convalescence. La voie de garage. Ce qui la faisait se lever le matin devient une montagne impossible à franchir. On l’envoie dans l’Aveyron. Autant dire nulle part.  

Pourtant, petit à petit, comme la femme se reconstruit, son âme de flic rouvre peu à peu les yeux, s’impliquant dans une enquête mêlant habitants du coin et cold case de l’époque, comme si elle avait toujours été cette capitaine. Noémie Chastain. Pas la victime au visage massacré par le tir d’un fusil de chasse. Une enquête qui la mènera des décennie en arrière, dans les ruelle d’un village englouti. Sous la surface.  

L’enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d’oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester.

Norek est clairement pour moi un très grand écrivain de polar. Sa casquette de flic qui se ressent fortement dans les détails, les procédures, les portraits, l’histoire de la police, est un atout immense pour la crédibilité et la sincérité de ses romans. Il maîtrise les montées en puissance du suspense, assemblant peu à peu les pièces qui nous mènent vers un final déroutant comme je les aime.  

Un page turner absolument parfait pour l’été ! 

Pardon, mais on vous envoie où déjà ?

– Decazeville, dans l’Aveyron.

– L’Aveyron ? Ah oui. Quand même.

Note : 4 sur 5.

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