Mon mari

Maud Ventura

Editions L’Iconoclaste / 2021 / 356 pages

Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée.

L’Amant, Marguerite Duras

J’ai lu le premier roman de Maud Ventura comme il se déroule. Commencé le lundi, terminé le dimanche. Au fil de ma semaine qui s’est égrenée au rythme des jours colorés et parfaitement maîtrisés (ou presque) de mon héroïne, j’ai eu de plus en plus de mal à lâcher mon livre. Intriguée du chemin où voulait nous emmener l’auteure, je n’ai été pleinement satisfaite qu’en terminant l’épilogue. Avec délice. Savoureusement.   
  
Elle nous parle de son mari donc. Ou, soyons précis, de l’amour qu’elle lui porte et du rythme implacable qu’il doit suivre indubitablement. Et son mari elle l’aime FOLLEMENT : un amour fou dont l’expression prend ici tout son sens. La vie parfaite qu’elle mène n’est qu’un détail, son épanouissement maternel et professionnel n’entrant pas en ligne de compte, son système solaire est composé de son mari – au centre – et de chaque attention de son amour gravitant autour. Comme au premier jour il ne saurait être question que les choses changent, même si elles ne changent peut-être que dans son imagination. Même si des mesures doivent être prises.   

Mon mari considère donc que son meilleur ami est marié à un ananas, tandis qu’il a épousé une clémentine. Il vit avec un fruit d’hiver, un fruit banal et pas cher. Un petit fruit ordinaire qui n’a ni la gourmandise de l’orange, ni l’originalité du pamplemousse. Un fruit ordonné en quartiers, pratique et facile à manger, prédécoupé, prêt à l’emploi, fourni dans son emballage.

J’ai pu lire qu’elle faisait penser à une Bree van de Kamp revisitée, mais j’aurais quand à moi envie de la voir comme une Emma Bovary moderne, s’accrochant désespérément à ses lectures classiques romanesques et à une certaine idée (ou une idée certaine) de l’amour marital. En cultivant son amour pour son mari avec assiduité et discipline, elle ne laisserait pour rien au monde le moindre petit accroc gâcher son plaisir.  
  
J’ai absolument adoré découvrir l’écriture de Maud Ventura dans ce premier roman (qui rencontre un succès mérité), piquante et aux figures subtilement maîtrisées pour notre plus grand bonheur. On rit, on grimace… et on en vient même à faire des parallèle avec notre propre couple. Oups.   
  
Un grand merci aux @ed_iconoclaste pour l’envoi de ce joli livre de la rentrée littéraire dont je me suis délectée et que je conseille sans réserve ! 

Mon mari n’a plus de prénom, il est « mon mari », il m’appartient.

Note : 4.5 sur 5.

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