Heresix

Nicolas Feuz

Editions Slatkine & Cie / 2021 / 284 pages

Tuez-les tous

Dieu reconnaîtra les siens.

On m’avait prévenue mais le Heresix de Feuz est certainement son livre le plus dur. Violence, haine, mafia, rappels de certains épisodes les plus noirs de notre histoire… rien ne nous est épargné dans ce polar qui nous emmène dans les coins les plus obscurs de cette région du sud de la France qui a connu une histoire déjà chargée en victimes et en sacrifices. Les croisés d’aujourd’hui sont peut-être moins reconnaissables mais ne seraient-ils pas tout aussi déterminés et violents ?

La disparition d’une petite fille, l’arrivée de six hommes énucléés dans une église pleine à craquer, un train sordide où se passent les pires horreurs, une mafia tentaculaire qui ne laisse pas de répit, des flics qui tentent de faire leur boulot, et une âme vengeresse qui plane sur ces personnages et a déjà débuté son implacable traque … 

Ils étaient six dans la nuit occitane. Six comme le chiffre de la Bête, le chiffre du Diable, le chiffre du Mal.

Et puis, ce que j’ai adoré, c’est la distillation de l’auteur de ces faits historiques liés à la communauté cathare du XIIème siècle qui a vécu dans cette région et qui a subi les assauts du pape, et qui crée des parallèles avec notre histoire. C’est palpitant.  On en apprend ainsi plus sur la situation de cette région à l’époque où catholique et cathares se sont affrontés et on se rend compte à quel point les croisés du pape étaient déterminés et menaient leur mission « divine » sans faire de quartiers.

Oui ce polar est destiné aux lecteurs avertis (et aux estomacs bien accrochés), mais ce serait dommage de passer à côté de cette histoire hyper bien ficelée (je n’ai rien vu venir…) servie par des personnages attachants ou détestables comme Nicolas Feuz en a le secret.  

Bref vous l’aurez compris, ce thriller m’a captivée et j’ai absolument adoré. Vivement le prochain Feuz (mais attention à la dépendance).

Le 22 juillet 1210, les portes de Minerve s’ouvrirent aux croisés. Centre quatre-vingts parfaits refusèrent d’abjurer. Sur ordre de Simon de Montfort qui appliqua la sentence d’Amaury, ils furent brûlés sur un grand bûcher collectif dressé dans le lit de la Cesse, le premier d’un longue série. La légende rapporte que nombre d’entre eux se jetèrent volontairement dans les flammes et moururent sans crier.

Note : 4.5 sur 5.

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